mars 2012
11 billets
Le Décor nous comble et nous détermine. Même dans l’état actuel assez...
– Guy Debord, extraits du Manifeste pour une construction de situations
Je n'écrirai jamais de roman (5)
-Tu sais, c’est comme un palier franchi. Je veux dire…on est bien. On se dit, doucement d’abord, de façon presque imperceptible : “me voilà avec un acte”. Puis c’est comme un caillou qui roule dans ta tête, qui prend avec lui de la terre, des déchets : il devient gros. C’est un compagnon, un ami imaginaire, qui s’assied sur ta poitrine, se...
Je n'écrirai jamais de roman (4)
Une porte claque au loin et résonne dans la nuit, qu’il se rappelle avoir été belle, fût un temps. Il est assis, appuyé contre un petit mur de brique, dans la rue en pente de ce quartier rouge et gris. Les cris y pourrissent le long des rigoles sales. Une silhouette, juchée sur un skateboard élimé, file devant ses yeux : il la verra remonter la rue, péniblement, d’ici cinq petites...
Toute volonté de subversion suppose l’espoir : on ne penserait guère...
– Paul Nizan, Renaissance de la tragédie in L’Humanité, mars 1936
A contempler ce mégalomane, Jugonde finissait par se sentir envahi d’une...
– Pierre Very, Le réglo
Au combat
la neige et le froid avec elle par la bouche le saisit
au combat
au calme dans les fossés gris par les chemins boueux
au combat…
le sommeil le gagne comme on charge
les cavaliers courent les sabots dans les flaques font un bruit mou
sa cartouchière est lourde et chaude
au combat
l’emprunte est là de ses pas pesants dans la terre
de sa roue crissante dans les...
Je n'écrirai jamais de roman (1)
Toute la fatigue, tous les mornes atours du continent avec le vent glissent sur sa peau. Il n’est pas très sur de ce qu’elle peut bien raconter de cette bouche rouge de ces lèvres sèches percluses de douleur traversées des souvenirs des lèvres qui s’oublient dans l’air si peu agressif des printemps d’autrefois des printemps qui bientôt donneront à la vie l’air...